L'extrême droite s'indigne des "problèmes d'urnes" | Amérique latine — Présidentielle au Brésil

L'extrême droite s'indigne des

Nous ne pouvons pas rester sans rien dire.

Les premiers résultats partiels annoncés par le Tribunal supérieur électoral (TSE) ont été accueillis avec des cris de joie par les partisans de Fernando Haddad. "Le 28 (octobre, date du deuxième tour), on va à la plage!", a-t-il lancé. "Il est parti de loin puisqu'il n'a commencé à faire campagne que quatre semaines avant le scrutin, l'ex-président Lula, emprisonné pour corruption et inéligible, ne s'étant désisté qu'au dernier moment".

Jair Bolsonaro, ex-capitaine de l'armée devenu un phénomène électoral depuis qu'il a frôlé la mort dans un attentat le 6 septembre, a voté en début de matinée à Rio. Nous voulons un grand projet pour le Brésil, profondément démocratique, qui recherche inlassablement la justice sociale.

"La possibilité que Bolsonaro gagne paraît la plus forte actuellement, estime Fernando Meireiles, politologue à l'Université fédérale de Minas Gerais". "Il me semble difficile que Haddad l'emporte, mais ce n'est pas impossible, il a encore une chance raisonnable", dit-il toutefois. Quoi qu'il en soit " d'ici là, il est possible que la polarisation s'accroisse", prévoit-il.

Le grand parti de gauche, qui a remporté les quatre dernières élections et a été au pouvoir treize ans, est jugé par beaucoup comme le responsable des maux multiples de ce pays déboussolé: chômage, crise économique, corruption et insécurité.

L'ex-présidente Dilma Rousseff échoue à être élue sénatrice. Ce dimanche, c'est Ronaldinho qui y est allé de son commentaire sur les réseaux sociaux pour appeler à voter en faveur de Bolsonaro. Pour de nombreux électeurs, Bolsonaro est apparu comme l'homme providentiel, avec son discours sécuritaire qui préconise la libéralisation du port d'armes, sa défense des valeurs traditionnelles et son désir de " nettoyer le pays des élites corrompues ".


Il n'est pas passé loin d'un sacre dès le premier tour.

"Je suis certain que si ça n'avait pas eu lieu, nous aurions eu dès ce soir le nom du président de la République", a affirmé dans une vidéo sur Facebook Jair Bolsonaro, qui a obtenu 46% des voix contre 29% à son rival de gauche Fernando Haddad. "J'ai choisi de vivre au Brésil et je veux un Brésil meilleur pour tous", a écrit l'ancien joueur du PSG sur Twitter dans un message accompagné d'une photo où on le voit porter un maillot du Brésil floqué du numéro 17, le code électronique pour voter en faveur de Bolsonaro.

Député pendant 27 ans, ce catholique pro-armes qui admire le président américain Donald Trump n'a jamais été impliqué dans une affaire de corruption et ses électeurs se recrutent dans toutes les couches sociales, et parmi les jeunes. Sans parler de fraude, Jair Bolsonaro a déjà dit récemment qu'il n'accepterait le résultat officiel que s'il était en sa faveur. "Tous les sondages réalisés ces derniers jours montraient que le pourcentage d'opposants à chaque candidat était plus élevé que celui de ses soutiens".

Les alliances que va tenter de nouer chacun des deux camps dès lundi (à commencer vers le centre) seront déterminantes, de même que les impairs que pourraient commettre l'un ou l'autre.

Ciro Gomes (PDT, centre gauche) n'a que 13 à 15% des intentions de vote.

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