Aléna: Armistice entre Washington et Ottawa

Aléna: Armistice entre Washington et Ottawa

Le journal a précisé dans la journée sur son site internet, citant des sources non identifiées, qu'en échange d'un plus grand accès au marché canadien des produits laitiers, les Etats-Unis seraient prêts à accéder à une importante exigence canadienne, le maintien du mécanisme de règlement des conflits (chapitre 19).

Washington et Ottawa se sont également mis d'accord pour que le nouveau traité commercial contienne un chapitre sur l'environnement, une première depuis la création de l'Aléna en 1994, et conserve l'exception culturelle canadienne chère au gouvernement Trudeau. "Il ferme la porte à la fragmentation commerciale de la région", a réagi Jesus Seade, le conseiller économique du président-élu mexicain Andrés Manuel Lopez Obrador. "Mais nous n'y sommes pas encore", a confié le diplomate en quittant les négociateurs canadiens à Ottawa pour repartir vers la capitale américaine, se disant "optimiste".

Le président américain a encore compliqué cette délicate négociation en s'en prenant de façon très peu diplomatique au Canada au cours d'une conférence de presse à New York, affirmant avoir refusé de rencontrer Justin Trudeau à cause de l'intransigeance de ses négociateurs. Pour ce qui est du secteur automobile, le Canada obtient tout au plus un quota de 2,6 millions de véhicules assemblés sur place.

Le Mexique et les États-Unis s'étaient entendus sur un compromis dès le mois d'août. Le chef de gouvernement libéral jouait gros un an avant des élections législatives incertaines.

Plusieurs dates-butoir étaient déjà passées sans conclusion.


Cette percée intervient quelques heures avant que quelque huit millions de Québécois se rendent aux urnes, pour une élection législative provinciale à risque pour la famille politique de M. Trudeau. Le président américain a toujours dénoncé l'ancien accord trilatéral, le jugeant "désastreux" pour l'économie américaine, et insisté tout particulièrement pour que le nom en soit changé.

Les négociations ont abouti dimanche soir, à quelques heures de la date limite du 1er octobre imposée par le Congrès américain. Cela permet de respecter un délai de 60 jours imposé par la loi avant la signature du document à la toute fin novembre par Donald Trump, le Premier ministre Justin Trudeau et le président mexicain sortant Enrique Peña Nieto.

"Nous n'avons pas encore franchi la ligne d'arrivée", a-t-il cependant averti en rappelant que l'accord devait encore être ratifié par les Parlements des trois pays. Donald Trump en exigeait le démantèlement complet, Ottawa a ouvert 3,4% de son marché, "de manière semblable au TPP", le Partenariat Transpacifique que le Canada a signé en mars avec dix pays de l'Asie-Pacifique.

De son côté, la Fédération québécoise des municipalités s'est dite déçue du nouvel accord qui attaque directement les régions et les milieux ruraux au Québec et qui coûtera selon elle 300 M$ aux producteurs laitiers.

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