Accord in extremis d'Ottawa et Washington pour réformer l'Aléna

Accord in extremis d'Ottawa et Washington pour réformer l'Aléna

Le Premier ministre Justin Trudeau, tout comme Mme Freeland, a répété régulièrement que pour le Canada, pas d'accord valait mieux qu'un mauvais accord. "Mais nous n'y sommes pas encore", confiait le diplomate en quittant les négociateurs canadiens à Ottawa pour repartir vers la capitale américaine, se disant "optimiste". 2,6 millions de véhicules assemblés au Canada sont exemptés de douanes américaines.

Cet assouplissement permettra aux producteurs américains un meilleur accès au marché canadien, comme le réclamait Washington.

À sa sortie, le dirigeant libéral s'est engouffré dans une voiture sans répondre aux questions des nombreux journalistes qui l'attendaient, mais a concédé: "C'est une bonne journée pour le Canada".

Le ministre mexicain de l'Economie Ildefonso Guajardo a pour sa part affirmé que les Etats-Unis et le Canada étaient entrés dans une phase sérieuse de négociations et que le monde saurait d'ici 48 heures si l'Aléna resterait un ensemble trilatéral.

Cette percée intervient quelques heures avant que quelque huit millions de Québécois se rendent aux urnes, pour une élection législative provinciale à risque pour la famille politique de M. Trudeau.


- Ottawa accepte d'assouplir son système dit de la "gestion de l'offre", qui contrôle la production et le prix du lait et de la volaille et assure des revenus stables aux agriculteurs canadiens grâce à des quotas annuels et des taxes à l'importation atteignant 275%.

Il avait forcé ses partenaires à la renégociation de l'accord de libre-échange nord-américain de 1994 (Aléna) qu'il jugeait désastreux pour l'économie américaine, estimant qu'il avait fait perdre des millions d'emplois au secteur manufacturier américain et en particulier l'automobile. Le Québec produit environ les trois quarts du lait canadien. Cela permet de respecter un délai de 60 jours imposé par la loi avant la signature du document à la toute fin novembre par Donald Trump, le Premier ministre Justin Trudeau et le président mexicain sortant Enrique Peña Nieto.

Au moment où le président américain louait le texte au cours d'une longue conférence de presse consacrée essentiellement aux échanges commerciaux dans la roseraie de la Maison Blanche, apparaissaient les premières critiques mais aussi les premières questions sur un éventuel blocage au Congrès américain, qui après les législatives de novembre pourrait en partie repasser sous majorité de l'opposition démocrate.

"Nous n'avons pas encore franchi la ligne d'arrivée", a-t-il cependant averti en rappelant que l'accord devait encore être ratifié par les Parlements des trois pays.

Selon son porte-parole, Chrystia Freeland a regagné le Canada pour participer aux travaux sur l'Aléna. C'est un tournant pour le président Trump qui dès son investiture avait dénoncé l'Accord de Paris. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP.

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