Les producteurs laitiers déçus et inquiets — ALENA

Les producteurs laitiers déçus et inquiets — ALENA

Le Premier ministre canadien se trouve dans une position difficile, pris entre la menace pesant sur le secteur automobile de son pays et d'éventuelles concessions qui pourraient revenir le hanter au moment des élections législatives prévues pour dans un an.

Les négociations sur la modernisation du traité nord-américain de libre-échange, l'Aléna, entre le Canada et les Etats-Unis sont entrées dans une phase cruciale, Washington ayant fixé à dimanche soir la date-butoir pour trouver un accord avec Ottawa.

À sa sortie, le dirigeant libéral s'est engouffré dans une voiture sans répondre aux questions des nombreux journalistes qui l'attendaient, mais a concédé: "C'est une bonne journée pour le Canada".

"C'est un super accord pour les trois pays qui résout les défauts et les erreurs de l'Aléna", a encore tweeté le président, soulignant que le nouveau texte "ouvre des marchés à nos agriculteurs et notre industrie et réduit les barrières douanières vers les Etats-Unis et va rapprocher les trois Grandes Nations.".

En fin de journée, l'ambassadeur du Canada à Washington David MacNaughton avait déclaré que "beaucoup de progrès" ont été accomplis tout au long du week-end. Ottawa, qui en avait fait un point non négociable, y voit en effet le seul outil fiable à sa disposition pour contester les mesures tarifaires imposées par les Etats-Unis.

Les discussions se déroulent par téléphone avec les négociateurs américains, contrairement aux précédentes sessions de négociations.

Depuis des semaines, les Canadiens négociaient d'arrache-pied pour obtenir un accord équilibré.

"Je peux vous dire ceci: vous aurez demain matin des nouvelles, dans un sens ou dans l'autre, qui seront importantes et peut-être de nature à faire bouger les marchés", a-t-il dit dimanche sur Fox News, sans autre précision.

L'Aléna, un accord trilatéral liant les États-Unis, le Mexique et le Canada depuis 1994, est une des bêtes noires du président Donald Trump, qui l'accuse d'avoir causé la perte de millions d'emplois américains, notamment dans le secteur automobile.


Le nouvel accord de libre-échange USA-Canada-Mexique, signé dimanche entre Ottawa et Washington, de concert avec le Mexique, va avoir "des conséquences néfastes" pour les producteurs français, explique lundi 1er octobre sur franceinfo Lionel Fontagne, économiste, professeur à l'Université Panthéon-Sorbonne, membre du Cercle des économistes.

M. Navarro a rappelé que la date butoir était fixée à dimanche soir minuit, afin de pouvoir transmettre au Congrès le texte de l'accord.

Selon des sources citées par les médias, Ottawa était prête à des concessions sur son secteur laitier si Washington acceptait l'exigence canadienne d'un maintien du mécanisme de règlement des conflits de l'Aléna (chapitre 19).

Une source au bureau du Premier ministre a toutefois indiqué à l'AFP qu'il "n'y avait pas encore d'accord".

"Nous verrons ce qui se passera avec le Canada, s'ils se joignent [à l'accord] ils doivent se montrer équitables", a lancé M. Trump, en réitérant ses vives attaques contre les taxes protégeant le secteur laitier canadien.

"Notre gouvernement nous avait pourtant assuré qu'il ne signerait pas un accord qui serait mauvais pour les Canadiennes et Canadiens".

Plusieurs dates butoir sont déjà passées sans conclusion.

Une question particulièrement sensible dans la province du Quebec, appelée aux urnes ce lundi pour désigner le prochain gouvernement de la province francophone.

Les principaux partis québécois et les organisations d'agriculteurs défendent fermement le système de "gestion de l'offre", qui contrôle la production et le prix du lait et de la volaille et assure des revenus stables aux agriculteurs canadiens.

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