Le gouvernement dévoile ses cartes sur l'assurance-chômage

Le gouvernement dévoile ses cartes sur l'assurance-chômage

Le ministère du Travail a réuni les huit organisations syndicales et patronales pendant plus de deux heures, vendredi après-midi, pour présenter les grandes orientations de ce chantier qui vise à "lutter contre le chômage en favorisant l'emploi durable pour répondre aux besoins en compétences des entreprises", insiste-t-on dans l'entourage de Muriel Pénicaud.

Le chef du cabinet de la ministre du Travail, Muriel Pénicaud (photo), a présenté ce vendredi aux partenaires sociaux les grandes lignes du document de cadrage qui doit servir de base aux prochaines négociations sur le régime. Ils y ont dénoncé une "logique budgétaire" et se laissent du temps, d'ici la "semaine prochaine" (syndicats) à quelques semaines (Medef), pour décider de négocier ou non.

"C'est un document sur une réforme à l'envers puisqu'on part d'un objectif budgétaire pour fixer les objectifs dans lequel on va reparamétrer l'assurance chômage", a dit le vice-président de la CPME, Jean-Michel Pottier, à l'issue de la rencontre. Les partenaires sociaux sont en effet invités à économiser entre 1 et 1,3 milliard par an pendant trois ans. Côté CGT, Denis Gravouil a prévenu qu'il n'était "pas question de baisser les droits des chômeurs". "1,3 milliard d'économies par an, c'est beaucoup".

Pour autant, "il faut accélérer le désendettement", a fait savoir le ministère, à propos de la dette de l'Unédic qui a atteint 35 milliards d'euros.


Pour changer la donne, une solution est de revoir les règles permettant aux personnes en activité réduite de cumuler un salaire et une indemnisation du chômage.

Le gouvernement demande aux partenaires sociaux de se pencher sur "la combinaison" des règles du "cumul emploi chômage" et du mécanisme des "droits rechargeables", qui permet d'augmenter la durée de prise en charge, selon le ministère.

Interrogée sur la dégressivité des allocations-chômage, la ministre a rappelé que "ce n'est pas au gouvernement de dire les solutions" mais aux partenaires sociaux de "définir si, parmi les formules, ils veulent la dégressivité ou autre chose". Si un système n'est pas trouvé, la convention d'assurance chômage ne sera pas agréée.

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