Un "hashtag" préhistorique serait le plus ancien dessin au crayon

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Des scientifiques ont découvert le plus ancien dessin du monde, et il ressemble à s'y méprendre aux lignes d'un hashtag.

La découverte vient d'être publiée dans la revue "Nature" par une équipe impliquant des chercheurs du laboratoire Pacea (CNRS/Université de Bordeaux/Ministère de la Culture) et du laboratoire Traces (CNRS/Université Toulouse - Jean Jaurès/Ministère de la Culture).

Il y a des gravures plus anciennes, rappelle l'archéologue Francesco d'Errico, l'un des auteurs de la publication.

Le dessin au crayon a été retrouvé dans la petite grotte de Blombos, située à 300 kilomètres à l'est de la ville du Cap. Ce dessin a été identifié sur la surface d'un petit morceau de roche siliceuse, appelée silcrète, lors de l'analyse d'outils en pierre recueillis lors de la fouille de la grotte de Blombos (Afrique du Sud).

Pendant longtemps, les archéologues étaient convaincus que les premiers symboles étaient apparus lorsque l'Homo sapiens colonisa les territoires européens. Et avec quoi? L'équipe a mené une série d'expériences en France, pour essayer de reproduire ces traits selon diverses techniques.


Des analyses microscopiques et chimiques du motif confirment par ailleurs que le pigment ocre rouge a été appliqué intentionnellement.

"Leurs résultats indiquent que les lignes ont été délibérément tracées avec un crayon d'ocre pointu, sur une surface préalablement lissée par frottement", souligne le CNRS.

Les extrémités des lignes du motif semblant incomplètes, les chercheurs pensent que le fragment pourrait provenir d'une roche plus large, servant peut-être de meule. "C'est une performance d'avoir réussi à le faire parler". De récentes découvertes archéologiques en Afrique, en Europe et en Asie montreraient cependant une émergence beaucoup plus précoce de la production et de l'utilisation de symboles.

"Cela renforce l'idée que ces croisillons étaient vraiment quelque chose qui existait dans l'esprit de ces chasseurs-cueilleurs" et qu'ils n'étaient pas faits "par hasard". La reproduction d'une même forme sur différents supports témoigne de la capacité des premiers Homo sapiens à la symbolisation, c'est-à-dire à la représentation d'une réalité, abstraite ou concrète, à l'aide de symboles, qu'il s'agisse aussi bien d'images mentales que de signes graphiques. "Mais très probablement, ils ne les considéraient pas comme une forme d'art".

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