Alexandre Benalla envisage de contester sa convocation devant la commission sénatoriale

Alexandre Benalla envisage de contester sa convocation devant la commission sénatoriale

Un coup de fil très inhabituel d'Emmanuel Macron à Gérard Larcher (LR) sur le traitement de l'affaire Benalla a provoqué la colère des sénateurs qui enquêtent sur la position qu'occupait l'ex-conseiller à l'Élysée, et pose la question de la séparation des pouvoirs.

Un courrier à l'origine d'un bras de fer entre les sénateurs et l'ancien collaborateur d'Emmanuel Macron.

Comme le précise l'agence AFP, l'entourage de Gérard Larcher a confirmé qu'il avait reçu un appel du Président de la République, sans toutefois en révéler la teneur.

La tension monte encore à l'approche de l'audition d'Alexandre Benalla: le chef du parti présidentiel Christophe Castaner a menacé la commission d'enquête, au cas où elle voudrait "s'arroger un pouvoir de destitution" du président, tandis que l'avocat de l'ex-chargé de mission envisage des recours. Le chef de l'Etat aurait apporté une petite nuance importante: le parlement contrôle le gouvernement, mais pas l'Elysée. Ce qui lui avait valu de nombreuses critiques. "Il ne peut être créé de commission d'enquête sur des faits ayant donné lieu à des poursuites judiciaires et aussi longtemps que ces poursuites sont en cours". Même argumentaire que le Président.


Après avoir fait savoir qu'il entendait réserver ses premières déclarations à la justice, le 28 septembre, Alexandre Benalla a fait volte-face mardi soir, déclarant être "contraint" à une audition au Sénat. Car la convocation par une commission d'enquête parlementaire, ce n'est pas une invitation!

Alors qu'il déclarait fin juillet au JDD avoir "plutôt envie" de répondre aux sénateurs, Alexandre Benalla n'est aujourd'hui pas très pressé de se rendre au Palais du Luxembourg. Sauf que, on l'a vu, Benjamin Griveaux s'est trompé dans son interprétation de la loi. Légalement, spécifie notre droit, "la personne qui refuse de comparaître, de prêter serment, de déposer ou de communiquer les documents demandés, est passible d'un emprisonnement de deux ans et d'une amende de 7.500 euros".

"Que se passe-t-il au sommet de l'Etat?" "Une " instrumentalisation " politique L'opposition sénatoriale, droite et gauche, s'insurge-t-elle contre les interventions de l'exécutif au " travail sérieux " du Sénat". "On voit tout l'appareil d'État, du président de la République à la Garde des Sceaux, à monsieur Griveaux se coaliser pour soutenir monsieur Benalla ", a quant à lui fustigé Bruno Retailleau (LR).

Ce dernier a estimé que M. Benalla, filmé le 1er mai en train de frapper un manifestant, avait eu "un comportement individuel fautif" et qu'il avait "à l'évidence agi en dehors de ses fonctions à la présidence de la République".

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