"La pauvreté ne doit plus se transmettre en héritage" — Emmanuel Macron

"Refuser la fatalité sociale, c'est lutter contre ce déterminisme qui, dès l'enfance, détruit des trajectoires de vie (.). Il faut 180 ans à un enfant né pauvre pour espérer que ses enfants accèdent aux classes moyennes", déclare Emmanuel Macron.

Il donne aussi des gages à l'aile gauche de sa majorité, qui appelait à un tournant social de la politique gouvernementale jugée trop libérale par certains élus.

"Personne n'est premier de cordée si le reste de la société ne suit pas", a-t-il souligné, en appelant "les premiers de cordée à ne pas oublier les derniers de cordée". "50 millions d'euros pour l'aide sociale à l'enfance Emmanuel Macron a assuré que 50 millions d'euros seraient investis pour " créer une obligation ", avec l'Aide sociale à l'enfance, de trouver un logement, une formation, un emploi, aux jeunes qui n'ont " pas de solution " à leur sortie". Celui que l'on pourra tout de même facilement appeler "RUA" reprendrait notamment le Revenu de solidarité active (RSA), lui-même déjà une fusion de différentes aides, dont le revenu minimum d'insertion (RMI) et l'allocation parent isolé (API).

Sont considérés comme pauvres celles et ceux qui perçoivent moins de 1.026 euros par mois (pour une personne seule), c'est-à-dire moins de 60% du revenu médian de la population. Jeunesse, reproduction sociale, insertion et revenu universel sont au cœur de cette stratégie, qui hérite d'un coquet budget de 8 milliards d'euros répartis sur quatre ans pour sa mise en place.

Elle s'appuiera sur deux "piliers", la prévention de la précarité, notamment chez les plus jeunes, et l'aide à la réinsertion vers l'emploi.

La " garantie jeunes " (l'accompagnement vers l'emploi pour les 16-25 ans) sera également étendue à 500000 personnes avant la fin du quinquennat, contre 100000 actuellement.

Les jeunes "décrocheurs" du système scolaire (évalués à 20.000 par an par le gouvernement), âgés de 16 à 18 ans, se verront systématiquement proposer, à partir de 2020, une formation ou un apprentissage.


Regrettant qu' "aujourd'hui, 5% des enfants de quartier défavorisé sont gardés en crèche, contre 22% des enfants de quartier aisé", le chef de l'Etat annonce "les communes les plus pauvres vont être aider à construire des crèches, en limitant à 10% du prix de construction ce qu'elles doivent payer ".

"C'est dès la petite enfance qu'il faut intervenir", a plaidé le président tout en confirmant que des petits déjeuners seront offerts dans les écoles classées en réseaux d'éducation prioritaire renforcés (REP+). Emmanuel Macron souhaite que tous les enfants puissent prendre un "déjeuner équilibré dans de bonnes conditions". "Il sera possible de bénéficier de l'aide sociale à l'enfance jusqu'à 21 ans".

Outre ce pilier "insertion", Emmanuel Macron a présenté un autre ensemble de mesures, destinées à prévenir la pauvreté dès le plus jeune âge.

En matière de santé, la CMU (couverture maladie universelle) sera étendue à plusieurs millions de personnes pour qu'elles bénéficient d'une complémentaire santé.

Lors de son discours dédié au plan anti-pauvreté, le 13 septembre, Emmanuel Macron a annoncé sa volonté de créer le revenu d'universel d'activité, qui fusionnera les prestations sociales existantes. Il promet ainsi un " développement massif des dispositifs d'insertion par l'activité économique ", estimant que " le retour au travail est le meilleur outil de lutte contre la pauvreté ". Cette mesure vise à simplifier le recours à ces dispositifs, afin que davantage de bénéficiaires se fassent connaître.

Après s'être emporté contre " le pognon de dingue " que représentent les aides sociales, Emmanuel Macron a annoncé un " changement radical d'approche " avec la rénovation du système des minima sociaux, dont le RSA. "Celui de décider résolument de ne plus oublier personne", affirme le chef de l'Etat.

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