Les géants d'internet censurent le conspirationniste Alex Jones

Les géants d'internet censurent le conspirationniste Alex Jones

Ces mesures interviennent après des mois de critiques visant YouTube, Facebook et Twitter, accusés de ne pas en faire assez pour combattre la désinformation et les discours incitant à la haine.

Si la Constitution américaine est censée garantir à ses citoyens la liberté d'expression, notamment en interdisant toute forme de censure gouvernementale, les récentes mesures prises par les géants du web à l'encontre d'Alex Jones s'inscrivent dans ce que certains qualifient d'une démarche commune. Lundi, les principaux réseaux sociaux ont banni ce média en ligne à forte audience, créé par Alex Jones et baignant entre théories du complot, intox ou discours haineux.

Fondateur du site Infowars.com, Alex Jones est devenu célèbre à la faveur de propos et théories conspirationnistes sur la fusillade de Sandy Hook, en 2012.

Facebook a souligné qu'il retirait quatre pages liées à Alex Jones non pas parce qu'elles diffusaient de fausses informations mais parce qu'elles avaient "enfreint à plusieurs reprises" les règles de la plateforme en "glorifiant la violence" et en "employant un langage déshumanisant pour décrire des personnes transgenres, musulmanes et immigrées", précise le Los Angeles Times. Depuis, Alex Jones a publié d'autres contenus sur Facebook, ce qui a amené le groupe à suspendre les quatre principales pages du polémiste d'extrême droite. Réputé pour ses vidéos véhiculant des théories conspirationnistes, Alex Jones a encore suscité la controverse après avoir tenu des propos racistes et incitant à la haine dans ses dernières publications. YouTube a coupé la chaîne d'Alex Jones, qui compte 2,4 millions d'abonnés.

Apple a retiré d'iTunes des podcasts du conspirationniste américain Alex Jones, un mouvement rapidement suivi par Facebook, YouTube et Spotify sur leur plateforme respective.


Sollicité par l'AFP au sujet d'Alex Jones, Twitter n'a pas donné suite. Il a alors cherché à contourner cette suspension depuis d'autres chaînes et YouTube a décidé de suspendre l'ensemble des canaux affiliés à Alex Jones.

Plusieurs utilisateurs du service de streaming musical ont même menacé de résilier leur abonnement si Spotify continuait à diffuser les podcasts d'Alex Jones.

Plusieurs sites ultraconservateurs ont affiché leur soutien à Alex Jones, reprenant sa thèse d'un complot de la "Big Tech", appellation qui réunit les champions de la nouvelle économie.

"Qui tire les ficelles en coulisse?", s'est interrogé Jim Hoft, le fondateur de cette plateforme proche de l'extrême droite. "CNN et les démocrates poussent les 'Big Tech' à censurer ceux qui les critiquent", affirme quant à lui le site Breitbart, pour qui ces suspensions "montre à quel point la concentration du pouvoir est passé du gouvernement aux 'Big Tech'".

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