La querelle diplomatique s'intensifie entre Ryad et Ottawa

La querelle diplomatique s'intensifie entre Ryad et Ottawa

Tout ce bras de fer entre Riyad et Ottawa est vite arrivé vendredi à la suite d un communiqué publié par l'ambassade canadienne appelant à "libérer immédiatement" les militants des droits de l'Homme arrêtés en Arabie saoudite, les arabes mécontents ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi leur décision de rappeler son ambassadeur à Ottawa pour consultations ainsi que d'expulser l'ambassadeur du Canada en le déclarant persona non grata.

En perdant leurs étudiants internationaux saoudiens, les établissements verraient s'évaporer des centaines de milliers de dollars en frais de scolarité.

Citoyen saoudien, Raef al-Badaoui est emprisonné depuis 2012 en raison de propos tenus sur son blog. C'est la terminologie de ce dernier tweet qui a fait déborder le vase.

"Que les choses soient bien claires pour tout le monde (.): le Canada défendra toujours les droits humains au Canada et dans le reste du monde", a déclaré lundi la ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland, dans sa première réaction à l'annonce surprise du royaume saoudien.

Pas à l'époque de Fayçal et Obama C'est une petite révolution de la part du royaume wahhabite, habitué à faire le dos rond face aux critiques occidentales. "M. Fayçal qui était de la famille royale avait le pouvoir de guider la politique étrangère saoudienne, contrairement au ministre actuel", qui suit les ordres du téméraire prince héritier Mohammad ben Salmane, " à qui manque la sagesse politique de Saoud al-Fayçal", selon l'observateur.

Dans les heures qui ont suivi l'annonce, Riyad a été soutenu dans sa démarche par son allié et voisin du Bahreïn.

Riyad semble ainsi avoir volontairement surréagit pour faire de cette affaire un cas de jurisprudence. Le troisième, enfin, est que les échecs successifs enregistrés par le nouvel homme fort saoudien dans la région tendent à rendre la diplomatie saoudienne encore plus irritable et imprévisible. Le prince héritier est un promoteur du libéralisme, notamment en autorisant les femmes à conduire, mais celui-ci s'accompagne d'une plus grande restriction des libertés politiques.


Une dizaine de militantes des droits des femmes ont été arrêtées il y a quelques semaines et accusées de porter atteinte à la sécurité nationale et de collaborer avec les ennemis de l'État.

Les tensions diplomatiques entre le Canada et l'Arabie saoudite ne se régleront pas à court terme, affirme la société américaine spécialisée dans l'analyse en risque politique Eurasia Group.

Cela dit, l'impact de cette crise diplomatique sur l'économie canadienne sera mineur, car l'Arabie saoudite n'est pas un partenaire commercial important du Canada.

L'Arabie Saoudite, dénonce l'ingérence des autorités canadiennes dans les affaires internes, du pays, ce qui a pour cause, de suspendre toutes les relations en cours entre les deux États dans divers domaines comme le secteur de l'éducation et de la défense. S'en prendre au Canada n'est pas anodin. "C'est inacceptable dans les relations entre deux pays ". "Conclu en 2014 et suspendu en janvier dernier par le gouvernement Trudeau, suite à la pression de l'opposition et des besoins de l'enquête ouverte par la justice de son pays, censée déterminer si des véhicules blindés fournis par Ottawa à Riyad ont été utilisés dans la répression de la population saoudienne de confession chiite et dans la mort de civils au Yémen".

Ils sont 246 étudiants saoudiens inscrits à l'Université d'Ottawa, 95 à l'Université Carleton et 74 au collège Algonquin.

Face à la fermeté canadienne, Riyad a une nouvelle fois haussé le ton et annoncé de nouvelles mesures: suspension des bourses universitaires pour ses ressortissants au Canada et transfert des étudiants vers d'autres pays.

Articles Liés