Donald Trump tacle Theresa May sur son projet de Brexit — Royaume-Uni

Donald Trump tacle Theresa May sur son projet de Brexit — Royaume-Uni

"S'ils font un tel accord, nous traiterions avec l'Union européenne au lieu de traiter avec le Royaume-Uni", a dit M. Trump, qui n'a jamais caché sa préférence pour un Brexit dur synonyme de rupture nette des liens entre le Royaume-Uni et l'UE.

Le plan que Theresa May a proposé à Bruxelles prévoit de maintenir des liens étroits avec l'UE à 27 en matière de commerce de biens, en instaurant une nouvelle " zone de libre-échange " qui reposerait sur un ensemble de règles communes concernant les biens et le secteur agro-alimentaire. Quelques heures avant de fouler le sol britannique en vue de négocier de futurs accords commerciaux après la sortie du pays de l'UE, il avait affirmé ne pas savoir si le projet présenté par Theresa May correspondait au vote des Britanniques de quitter l'Union européenne.

Ils ont hué à pleins poumons quand un hélicoptère a emmené le président américain vers Blenheim, imposante résidence de campagne près d'Oxford, où il participe à un dîner avec Mme May et des représentants du monde économique.

C'est une claque pour la cheffe de l'exécutif qui tente de rassoir son autorité sur son parti conservateur divisé sur le Brexit.

Le milliardaire n'en est toutefois pas à son coup d'essai: il avait déjà critiqué la stratégie de la première ministre sur le Brexit à l'issue d'un sommet de l'OTAN à Bruxelles jeudi.

Il a enfoncé le clou en estimant dans The Sun que l'ex-ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson, qui a démissionné en raison d'un Brexit jugé trop mou, ferait "un grand Premier ministre ". Selon le quotidien The Independent, une barrière d'acier a même été érigée autour de la propriété pour protéger Donald Trump et son épouse des manifestants. Elle avait répliqué en disant que les propositions du gouvernement "répondent au vote des Britanniques".

Ce vendredi matin, les deux dirigeants doivent se retrouver pour aller inspecter les troupes à la prestigieuse académie royale militaire de Sandhurst, avant des discussions bilatérales et un déjeuner à Chequers, la résidence de campagne des Premiers ministres britanniques, à 70 km au nord-ouest de Londres.


Amnesty International a déployé une banderole de 15 mètres sur un pont surplombant la Tamise, face à l'ambassade des Etats-Unis, qualifiant M. Trump de "cauchemar pour les droits de l'Homme".

D'autres rassemblements sont organisés à travers le Royaume-Uni, le plus massif étant attendu vendredi après-midi à Trafalgar Square, où des dizaines de milliers de personnes devraient se réunir pour dénoncer la politique migratoire de Trump, son "sexisme" et son "déni" du changement climatique.

Le matin, un ballon géant représentant Trump en couche-culotte flottera dans le ciel près du Parlement.

"Cette protestation n'est pas anti-américaine, loin de là. La plupart de ceux qui défileront vendredi aiment les Etats-Unis, comme moi", a-t-il indiqué dans un communiqué.

"Mais avoir une relation spéciale signifie que nous attendons l'un de l'autre les valeurs les plus élevées, et cela implique aussi de dire quand les valeurs qui nous sont chères sont menacées", a ajouté l'élu travailliste, qui a eu des échanges envenimés avec M. Trump depuis l'arrivée au pouvoir de ce dernier.

L'élu travailliste est lui aussi la cible des attaques de M. Trump dans The Sun pour avoir fait "un piètre boulot" contre le crime et les attentats dans la capitale britannique.

L'ambassadeur des Etats-Unis au Royaume-Uni, Woody Johnson, a assuré que M. Trump voulait "conclure un accord bilatéral", et "vite".

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