Trois économistes fidèles d'Emmanuel Macron appellent le président à un rééquilibrage social

Trois économistes fidèles d'Emmanuel Macron appellent le président à un rééquilibrage social

Trois économistes, Philippe Aghion, Philippe Martin et Jean Pisani-Ferry ont pu rédiger une note critiquant l'absence de dimension sociale de la politique économique d'Emmanuel Macron, et ce, malgré leur soutien initial au candidat LaREM. Trois économistes proches d'Emmanuel Macron pendant sa campagne présidentielle lui ont adressé une note confidentielle le 4 juin dernier, dans l'espoir de le faire infléchir sur certaines mesures et lui faire corriger son image de "président des riches ".

Parmi les inquiétudes soulevés dans la note adressée à la présidence, les trois hommes s'alarment de "l'image d'un pouvoir indifférent à la question sociale". Pour autant, "l'ambition émancipatrice [.] du programme présidentiel échappe à un nombre grandissant de concitoyens, y compris parmi les plus fervents supporteurs de 2017", s'inquiètent ces anciens contributeurs. Ils déplorent par ailleurs le fait que "le thème de la lutte contre les inégalités d'accès, qui était constitutif de l'identité politique du candidat, est occulté" dans la politique actuelle.

Sur la forme aussi, les trois fidèles de Macron sont critiques. Selon différents sondages, le président est en effet bien plus populaire auprès des sympathisants de droite qu'auprès de ceux qui avaient élu François Hollande en 2012.

Critiquant le poids politique et médiatique des ministres issus de la droite au sein du gouvernement, de Matignon jusqu'à Bercy, les trois économistes mettent en garde contre la tentation de revenir sur la prime d'activité, qui permet de "réduire la pauvreté des travailleurs modestes et d'inciter au retour au travail", en plein débat sur les aides sociales lancé par Bruno Le Maire et Gérald Darmanin.


Une situation qui vient encore conforter l'image d'un "président des riches " qui colle au résident de l'Elysée. Tout en précisant qu'en échange, il serait bon de relever le plafond en dessous duquel les successions ne sont pas taxées "pour en faire une réforme neutre fiscalement ".

Ils citent notamment l'exemple de la réforme de l'assurance-chômage : dans son programme, le candidat Macron avait promis d'ouvrir les droits au chômage à tous les salariés démissionnaires et aux indépendants.

Enfin, ils recommandent un étalement de la suppression de la taxe d'habitation dans le temps, en suggérant de "différer" la mise en oeuvre de cette réforme "pour les 20% les plus aisés" pour la "coupler avec une réforme de la fiscalité locale et l'introduction d'une taxe foncière progressive".

Toutes les préconisations ne sont pas forcément en faveur des ménages. Cette note "ne présage en rien la politique du gouvernement", assure au Monde un conseiller du Président.

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