Attaques de Trump: le gouvernement Couillard appuie Trudeau

Attaques de Trump: le gouvernement Couillard appuie Trudeau

Alors que les dirigeants rentraient dans leurs pays pensant l'accord négocié, le coup de théâtre de Trump en a surpris plus d'un.

"En raison des fausses déclarations [du Premier ministre canadien] Justin [Trudeau] à sa conférence de presse, et du fait que le Canada impose des taxes massives sur nos agriculteurs, travailleurs et entreprises américains, j'ai demandé à nos représentants américains de retirer le soutien au communiqué, tandis que nous envisageons des tarifs sur les automobiles qui inondent le marché américain!", a-t-il écrit, alors qu'il prenait la route de Singapour où il doit rencontrer mardi le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un. Mais la conférence de presse de clôture du Premier ministre canadien, Justin Trudeau, pendant laquelle il a qualifié "d'insultantes" les mesures douanières prises une semaine plus tôt par les Etats-Unis et annoncé des "représailles" par le Canada à compter du 1 juillet, n'a visiblement pas été du goût de Donald Trump.

De son côté, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a réagi sur Twitter: " Il y a une place spéciale au ciel pour Justin Trudeau. Le premier ministre du Canada, pays frappé comme l'Europe et le reste du monde de nouveaux droits de douanes américains sur l'acier et l'aluminium, a redit à cette occasion que ces taxes étaient "insultantes", au regard de l'histoire entre les deux pays. Donald Trump lui-même, en quittant le sommet samedi matin, n'a pas adouci ses complaintes à l'égard de l'Union européenne et du Canada, tout en saluant les progrès réalisés pendant le sommet.

Le premier ministre Justin Trudeau "a répondu avec un mélange de fermeté et également sans faire de surenchère verbale", a souligné le premier ministre Philippe Couillard lundi.

Un autre conseiller de M. Trump, Peter Navarro, en a remis sur Fox News en déclarant qu'il "y a un siège réservé en enfer pour tout dirigeant étranger qui s'engage dans une diplomatie de la mauvaise foi avec Donald Trump et tente de le poignarder dans le dos quand il s'en va ". Avec sa rhétorique "America First", le président américain a fait du rééquilibrage des échanges extérieurs des Etats-Unis une priorité pour l'emploi. Avant d'ajouter: "Nous avons passé deux jours à avoir un texte et des engagements".

"Arrêtons de provoquer les États-Unis, arrêtons de prendre des balles pour le Mexique, amorçons des négociations bilatérales et cessons de discuter avec l'Iran", a-t-il déclaré sur son compte Twitter. "Une tonalité " très inhabituelle " dans ce genre de rencontre, mais jugée " franche " par la présidence française, pour qui cela aurait permis de " lever les ambiguïtés ". "Vladimir Poutine a ironisé en marge de ce sommet sur le " babillage inventif " du G7, qu'il a appelé à engager une " vraie coopération ".

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau à New York le 20 septembre 2017
Le Premier ministre canadien Justin Trudeau à New York le 20 septembre 2017

Mais Donald Trump s'est brusquement retiré de l'accord, quelques heures après l'avoir validé.

Les droits de douane actuels sont effectivement différents entre l'UE et les États-Unis.

L'Europe taxe les importations de voitures hors-UE, donc américaines, de 10%. Aux États-Unis, les Audi, Volkswagen et autres voitures étrangères sont frappées d'une taxe de 2,5%. Un déséquilibre dont Donald Trump s'est souvent plaint.

Si le président des États-Unis a finalement retiré le sceau de son pays du "contrat", c'est à cause des propos de Justin Trudeau justifie-t-il.

Dans le cas de l'Allemagne, il s'agit d'un excédent.

Emmanuel Macron a fait allusion à cette façon de penser du milliardaire. Le président français a souligné que la France pratiquait le libre-échange avec l'Allemagne, mais qu'elle avait quand même un déficit commercial avec sa voisine.


Articles Liés