Carburant : les raffineries seront bloquées dès le 10 juin

Carburant : les raffineries seront bloquées dès le 10 juin

Les agriculteurs français ont commencé dimanche soir à bloquer des raffineries et dépôts de carburant, pour dénoncer l'"incohérence" du gouvernement qui les oblige à respecter des normes auxquelles ne sont pas soumis des produits importés comme l'huile de palme. "Choisir de bloquer les raffineries, c'est un moyen de se faire entendre par le gouvernement, car ce sont les symboles de ces importations distorsives", explique Jérôme Despey, secrétaire général de la FNSEA.

"Cinq sites au moins seront bloqués dès cette nuit et 13 seront bloqués demain à partir de 9 heures", a précisé ce dimanche sur Franceinfo Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, ajoutant que le mouvement commencerait dans l'après-midi dans la Marne et à 22 heures en Seine-Maritime.

Les 13 sites qui seront bloqués sont ceux de Donges (Loire-Atlantique), Gonfreville l'Orcher, Dunkerque (Nord), Coignières (Yvelines), Gennevilliers (Hauts-de-Seine), Grandpuits (Seine-et-Marne), Vatry (Marne), Strasbourg, Cournon (Puy-de-Dôme), Lyon et Feyzin (Rhône), La Mède (Bouches-du-Rhône) et Toulouse.

Cette colère des agriculteurs conduire-t-elle à une pénurie de carburant pour les automobilistes, comme en 2016? Non.

La France compte sept raffineries et 200 dépôts dont environ 90 dépôts principaux.


Jusqu'à 300.000 tonnes par an d'huile de palme, produit hautement controversé car accusé de favoriser la déforestation en Asie du Sud-Est, doivent être importées pour alimenter la bioraffinerie de La Mède dès cet été.

"Une tonne d'huile de colza vaut 15% plus cher qu'une tonne d'huile de palme". La France dispose rappelons-le de trois mois de réserves stratégiques.

Ce qui a mis le feu aux poudres dans ce dossier, c'est l'autorisation, décidée par l'État, d'importer de l'huile de palme. "La filière colza contribue à la production de biocarburants; elle fournit aussi des huiles alimentaires de qualité et des tourteaux qui concourent à l'augmentation de l'autonomie protéique de la France", a-t-il noté en souhaitant "que l'approvisionnement de l'usine de la Mède puisse évoluer au fil du temps pour intégrer davantage de matières agricoles françaises".

Le mouvement des agriculteurs est observé avec intérêt par les ONG environnementales, d'ordinaire opposées à la FNSEA dans les dossiers phytosanitaires.

Les paysans en colère espèrent aussi obtenir le soutien des consommateurs, en dénonçant les effets sur le contenu des assiettes d'accords commerciaux internationaux comme le CETA signé par l'Union européenne avec le Canada, ou l'accord UE-Mercosur en négociation avec quatre pays d'Amérique latine.

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