Le Sénat approuve la réforme — SNCF

Le Sénat approuve la réforme — SNCF

Sept députés et sept sénateurs vont tenter lundi prochain, en commission mixte paritaire (CMP), de trouver une version de compromis du projet de loi défendu par la ministre des Transports, Elisabeth Borne.

Mais les sénateurs ont surtout confirmé les lignes directrices du projet, adopté mi-avril à l'Assemblée en première lecture: ouverture à la concurrence du transport de voyageurs, transformation de la SNCF en société anonyme à capitaux publics et fin des recrutements au statut de cheminot.

Mais s'il y a eu des "avancées importantes" au Sénat, elles restent "insuffisantes" aux yeux de la CFDT Cheminots, qui avait négocié des amendements avec Mme Borne. Quant au patron des députés LR, Christian Jacob, il assure que ces derniers discuteront avec "un état d'esprit ouvert". La quatrième force syndicale à la SNCF prévient, ce "conflit historique n'est pas encore terminé". "D'ailleurs, ce texte, nous l'avons voté très majoritairement à l'Assemblée" et "on a pris acte que c'est plus clarifié qu'au début".

Quant à la puissante CGT Cheminots, 1er syndicat du groupe public, elle voit au-delà du vote de la loi, inscrivant son action dans un "processus encore long", ponctué notamment par la rédaction "des décrets d'application", et par les "négociations sur la convention collective nationale de la branche ferroviaire" et celles du "pacte d'entreprise" de la SNCF.


Le syndicat compte aussi sur la table ronde tripartite -syndicats, patronat du ferroviaire et gouvernement- promise par Mme Borne la semaine prochaine pour "amplifier le rapport de forces" en faveur des cheminots.

"Le vote (du Sénat, ndlr) n'est ni une surprise ni un tournant", a estimé Laurent Brun, secrétaire général de la CGT Cheminots, affirmant que "les grévistes continueront la grève".

Loin d'en finir avec les manifestations des cheminots, le passage du texte de loi au Sénat a mobilisé les grévistes qui se sont réunis par plusieurs dizaines devant le Palais du Luxembourg à Paris mardi. SUD-Rail, troisième syndicat, campe sur sa position d'opposition en bloc à la réforme, et exige le retrait du projet.

"Il y a de la colère qui monte, de l'habitude qui se met en place et la mahonnêteé de la direction SNCF qui retire plus de jours de grève que ce que la Loi l'autorise." renchèrit Dominique Sens, responsable CGT Cheminots (Nord Pas-de-Calais). "Dire qu'il n'y a pas une forme d'usure, ce serait mentir", a reconnu lundi Didier Aubert (CFDT) tout en tablant sur "un réservoir de cheminots prêts à se mobiliser". D'ici là, le 14e épisode de grève commencera ce soir.

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